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Je t’offre mon sourire contre tes larmes – Chapitre 2

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Le Monde aux Merveilles

Youssoupha frissonna en jetant sa poubelle. Il faisait très froid, en cette soirée du 26 décembre, et il regrettait de ne pas avoir mis un manteau plus chaud.

— Tu aurais dû te couvrir mieux que cela !

Il sursauta et il sourit, émerveillé.

— Tu es le chien qui parle !

— Tu peux m’appeler Jupiter !

Le chien avança ensuite à sa hauteur, et il s’assit juste devant le petit garçon. Celui-ci lui caressa la tête sans se gêner, mais il ne lui en tint pas rigueur. Il savait que sa fourrure était irrésistible.

— Tu as l’air un peu triste, Youssoupha. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Nerveusement, le petit garçon se mit à tripoter l’une de ses jolies tresses. Sa maman les lui avait faites la veille, en moins de temps qu’il en fallait pour le dire !

— On a des problèmes, soupira-t-il après un long silence.

— Quels problèmes ?

— Des problèmes d’argent, je crois. Papa a eu des soucis dans son travail, et depuis… On n’a jamais eu beaucoup de cadeaux, mais cette année… on n’en a pas eu du tout… et tout le monde est triste.

— Je vois… Suis-moi, je vais te montrer quelque chose qui te rendra le sourire !

Le petit garçon lança un regard vers son immeuble.

— Je ne peux pas, il faut que je remonte, Maman va s’inquiéter…
— Elle ne saura même pas que tu es parti, ne t’en fais pas !

— Une autre fois peut-être…

— Je te promets que personne ne s’inquiètera et que tu ne risques rien avec moi. Et tu sais pourquoi ?

Il nia de la tête.

— Parce que je ne suis pas uniquement un chien qui parle : je suis également un chien qui fait de la magie ! De la vraie magie, garantie sans trucage !

— Tu peux faire disparaitre des gens ? Et faire apparaitre des oiseaux ?!

Cela laissa le chien-loup muet.

— Eh bien, disons que oui, et bien plus encore ! finit-il par répondre.

— C’est génial ! Tu veux bien me montrer ?

— C’est exactement ce que j’ai l’intention de faire ! Viens !

Jupiter ne bougea pas, ce qui laissa Youssoupha très confus. Le chien-loup leva ensuite sa patte et une porte apparut juste devant lui, en plein milieu du passage. C’était une porte en bois rouge, avec une poignée en forme de bouton métallique.

— Ouvre-la.

Le petit garçon obéit et il poussa une exclamation émerveillée. La porte s’était ouverte sur un autre monde. Elle donnait sur un gigantesque escalier de verre dont il ne voyait pas le bout, car des nuages le dissimulaient.

— On est où ?!

— Dans un monde magique où tu peux t’amuser autant que tu le souhaites ! Descends les escaliers, j’ai quelque chose à faire, je reviens !

Youssoupha obéit sans hésiter et il dévala les escaliers en courant, émerveillé. Les nuages s’écartaient sur son passage, dévoilant de plus en plus de marches. Il finit par arriver au bas des escaliers, devant un gigantesque amas de nuages qui encombrait sa vue. Les nuages s’écartèrent lentement, pour dévoiler le trésor qu’ils cachaient.

— C’est génial ! s’écria le garçon.

— Ce n’est que le début ! Bienvenue dans le Monde aux Merveilles !

Il se retourna pour voir Jupiter le rejoindre, suivi de près par Nathalie. La petite fille était tout aussi émerveillée que son camarade, et les deux enfants se mirent à courir vers la gigantesque fontaine de chocolat qui se trouvait à quelques mètres d’eux.

— Les enfants sont toujours si pressés, constata simplement le chien-loup.

Le sol était recouvert de bonbons, les arbres étaient faits d’un mélange de nougatine et de chocolat. Une piscine de miel était visible à leur droite, tandis qu’au loin, ils pouvaient voir les installations d’un grand parc d’attractions très coloré. Il y avait des feux d’artifice dans le ciel.

Il se mit à pleuvoir des guimauves, et les deux enfants en profitèrent pour en grignoter quelques-unes. Jupiter les regarda faire d’un air attendri.

— Et si on veut de la vraie neige ? demanda alors Nathalie.

— Il suffit de demander !

Une porte blanche, recouverte de givre, apparut juste à côté des enfants. Sans même hésiter, Youssoupha tourna la poignée, et ils découvrirent un nouveau monde. Un monde de neige, mais où il ne faisait pas froid. C’était une vaste étendue blanche, perturbée uniquement par la gigantesque patinoire que Nathalie montra du doigt.

— Tu as vu ça ?

— Je ne sais pas patiner !

— Moi non plus ! répondit d’un air déçu la petite fille.

— N’ayez crainte, les petits : vos patins patineront pour vous !

Des patins à glace apparurent sur leurs pieds, à la place de leurs chaussures, et la patinoire se déplaça pour être en dessous d’eux. Il ne fallut que quelques secondes pour que les deux enfants se retrouvent à patiner comme des professionnels sur la glace.

— C’est trop génial ! s’enthousiasma Youssoupha. Mais je meurs de faim, on pourrait retourner dans le monde des guimauves ?

— C’est l’entrée, précisa le chien-loup, et j’ai encore mieux que quelques friandises pour vos estomacs en détresse. Demande à manger !

— Euh… je veux manger !

Une nouvelle porte apparut à côté de lui. Elle était rose et recouverte d’autocollants de nourriture. Nathalie l’ouvrit en riant, et ils se retrouvèrent dans une gigantesque salle de banquet aux tables recouvertes de victuailles. Ils mangèrent à s’en faire éclater la panse, toujours sous le regard bienveillant de Jupiter.

— On peut jouer aux jeux vidéo ? demanda ensuite Nathalie.

Youssoupha approuva immédiatement, et le chien-loup n’eut pas à répondre : une autre porte venait d’apparaitre. Elle donnait sur une salle de jeux géante, avec des consoles de toutes les générations, et un choix de jeu presque infini. Les deux enfants jouèrent ensemble longuement, et Jupiter décréta qu’il allait les laisser un peu seuls. Après les jeux vidéo, Youssoupha et Nathalie demandèrent une salle pour se reposer, et ils s’installèrent sur un immense tas de coussins très confortables.

— C’est le plus beau jour de toute ma vie ! décréta la petite fille. Ça rattrape un peu Noël !

Dire que Noël n’était que la veille… Elle avait l’impression que cela remontait à une éternité.

— Tu n’as pas aimé ton Noël ?

Elle secoua la tête.

— On n’a pas fait de fête, et je n’ai pas eu de cadeaux. Maman était triste, et elle a pleuré quand elle croyait que je ne la voyais pas.

— Oh… pourquoi elle était triste ?

— Mon Papa est parti le jour de Noël, l’année dernière.

— Il est allé où ?

— Dans les airs.

Youssoupha fronça les sourcils, pas sûr de comprendre.

— Dans les airs ?

— Oui. Il ne reviendra jamais.

— Il est mort ?

Nathalie écarquilla les yeux.

— Oui, souffla-t-elle finalement.

Elle avait une toute petite voix, et Youssoupha se sentait coupable.

— Tu sais, je n’ai pas fêté Noël moi non plus.

— C’est vrai ? Pourquoi ?

— Parce qu’on n’a pas d’argent. Je pense que c’est pour ça qu’on a déménagé, et Maman et Papa sont de plus en plus tristes à cause de ça. On mange tout le temps la même chose, et je n’ose plus rien demander, parce que je ne veux pas qu’ils soient tristes de me dire non. Mais on se moque de moi, parfois, parce que mes vêtements sont vieux, ou parce que je n’ai pas le dernier jeu vidéo sorti.

— C’est triste.

— Le plus triste, c’est que les quadruplés ont pas eu de cadeaux non plus.
— Quadratlés ?

— Qua-dru-plés. Mes frères et sœurs. Quadruplés, ça veut dire qu’ils sont tous nés en même temps.

Cela impressionna beaucoup Nathalie, et Youssoupha sourit devant son air ébahi.

— Ils ont quatre ans, et ils sont vraiment mignons !

— Moi je n’ai pas de frère ou de sœur. Je suis tout le temps toute seule.

Les deux enfants soupirèrent tristement, beaucoup moins joyeux.

— Tu sais, l’argent, c’est pas très important. Ça peut pas me rendre mon Papa, par exemple. Et on dit que l’argent ne fait pas le baroudeur !

— Je ne savais pas qu’on disait ça. Je ne sais même pas ce que ça veut dire.

— ça veut dire qu’on ne peut pas tout avoir même si on a de l’argent !

— Je sais, mais… j’en ai marre d’être pauvre. On n’a jamais eu beaucoup d’argent, mais là, ça rend Maman et Papa très malheureux.

Nathalie resta silencieuse, pensive. Elle aurait voulu aider Youssoupha, dire quelque chose de gentil, mais elle ne savait pas quoi.

— Les enfants ! s’exclama Jupiter en apparaissant devant eux. Venez, revenons à l’entrée du Monde aux Merveilles, il faut que je vous parle ! Mais avant tout : on dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Un baroudeur, ça n’a rien à voir !

Ils revinrent ensemble au niveau de la fontaine de chocolat.

— Ce fut une première visite pleine de joie, mais il est temps de rentrer chez vous ! Ne vous inquiétez pas : dans votre monde, il ne s’est pas écoulé la moindre seconde depuis votre départ, vos parents ne vous gronderont pas pour votre absence ! Et vous pourrez revenir ici dès demain !

Les deux enfants sourirent, rassurés, jusqu’à ce que Jupiter adopte un air grave.

— Cela m’amène à présent aux règles que vous devez respecter. Il y en a trois, et elles sont très importantes. Vous devez absolument les comprendre, les retenir et les respecter, d’accord les enfants ?

Ils hochèrent la tête sagement, très attentifs.

— Bien ! Première règle : vous ne devez parler du Monde aux Merveilles à personne ! Ni à vos parents, ni à vos amis, ni à vos frères et sœurs. Ce monde doit rester notre secret à tous les trois, personne d’autre ne doit connaitre son existence ! Vous avez compris ?

— Oui, répondirent-ils en chœur.

— Deuxième règle : rien de ce qu’il y a ici ne peut être emporté dans votre monde. Ni la nourriture, ni les objets, ni même de la neige, rien du tout ! Ce qui vient du Monde aux Merveilles reste dans le Monde aux Merveilles !

Ils hochèrent la tête, toujours sages et attentifs.

— Troisième règle, enfin : si une porte bleue recouverte d’écailles apparait, vous ne devez en aucun cas l’ouvrir. Ne vous en approchez même pas, d’accord ?

Cette troisième règle les laissa plus sceptiques que les deux précédentes, mais ils acquiescèrent quand même.

— Parfait ! Je vous dis donc à demain, mes chers petits !

Le visuel a été réalisé avec Canva

Et voilà le deuxième chapitre ! J’ai beaucoup aimé créer le Monde aux Merveilles, que j’ai essayé de rendre féérique et merveilleux !

J’espère que cette suite vous a plu, le prochain chapitre arrive très rapidement ! 
N’hésitez pas à commenter ! 🙂

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